Vos questions - Méthode de lecture
C’est au Cours Préparatoire, donc vers 6 ans, qu’un enfant commence véritablement l’apprentissage de la lecture.
Pourtant, il entre plus tôt dans le monde de l’écrit. Dans son environnement, en famille, à l’école maternelle, il acquiert les techniques qui lui seront nécessaires pour son futur apprentissage (observation, mémorisation, reconnaissance auditive et visuelle), il enrichit son vocabulaire et améliore son langage.
Il est donc important de sensibiliser l’enfant au monde de la lecture dès son plus jeune âge.
Mon fils âgé de 4 ans et demi est en Moyenne Section de maternelle et adore qu’on lui lise des histoires. Aussi ai-je voulu utiliser votre méthode pour tenter de lui apprendre à lire. Il reconnaît toutes les lettres de l'alphabet et sait les nommer mais quand il faut assembler par exemple L + A, il semble incapable de concevoir que cela puisse se prononcer « LA ». Est-il trop jeune ? Comment dois-je m'y prendre ?
Il est important de faire prendre conscience à votre enfant qu'une lettre que l'on nomme par son nom fait un bruit quand on la prononce.
Par exemple,
- la lettre L fait le bruit (ou son) « LLLLL »
- la lettre A fait « A » (pas de son).
Il en est ainsi pour toutes les voyelles utilisées seules!
Donc, faites-lui prononcer l'association « L + A » sans nommer les lettres mais en les prononçant « LA ».
Il n'est pas impossible qu'à 4 ans et demi, même avec un grand appétit de lecture, votre enfant ne soit pas assez mature pour comprendre cette analogie.
Ceci est normal et viendra tout seul en continuant à jouer avec lui sur la différence entre le nom de la lettre et le bruit qu'elle fait.
L’apprentissage de la lecture avant 6 ans est couramment qualifié de précoce.
Il faut toutefois bien distinguer deux cas :
- Celui où l’enfant montre spontanément un vif désir d’apprendre.
Si votre enfant est dans ce cas, et pour répondre à sa soif de découverte, vous pouvez lui proposer des supports de lecture variés mais veillez avant tout à rester très attentif à son niveau de fatigue et de lassitude.
L’apprentissage devra être adapté au rythme de l’enfant, à ses envies, et aussi, bien évidemment, à votre disponibilité - L’autre cas est celui d’une demande de la part de l’adulte seul.
Le danger est alors que l’enfant se sente contraint de répondre à la pression des adultes, même s’il ne semble pas, a priori, s’en plaindre.
La relation parent-enfant peut en souffrir : les parents, même inconsciemment, montrent parfois des signes d’impatience ou de déception devant les difficultés rencontrées par leur enfant.
Le climat de confiance indispensable à la réussite de l’apprentissage risque d’en pâtir.
Ma fille âgée de 4 ans me demande de lui apprendre à lire... Bien qu'elle ait toujours manifesté une grande curiosité, je me demande si ce n’est pas un peu trop tôt. Qu’en pensez-vous ? Votre méthode pourrait-elle lui convenir ?
Votre fille vous demande de lui apprendre lire, alors n'hésitez pas ! Respectez son rythme, privilégiez de petites séquences et avancez en encourageant les réussites.
Ma méthode de lecture peut tout fait lui convenir car elle s’utilise dès l’âge de 4 ans, condition de bien suivre les conseils donnés dans le guide pour les parents (au début de l’ouvrage).
3ans, c’est bien sûr encore très jeune. Avant toute chose, il faut jouer. Commencez avec un abécédaire ou des lettres magnétiques par exemple, puis des lotos avec des lettres et des mots.
Si vous voyez qu'il ne se fatigue pas, qu'il veut continuer, vous pourrez introduire après quelques semaines la Méthode de lecture pour tous les enfants dont je suis l’auteur, en veillant toujours à respecter le rythme de l’enfant et à ne jamais le forcer.
Sur le site et au début du livre, vous trouverez de nombreux conseils pour utiliser au mieux cette méthode avec votre enfant.
À 18 mois, ma fille connaît toutes les lettres de l'alphabet (c’est-à-dire qu’elle les reconnaît partout et les prononce). Est-ce le moment de lui apprendre à lire ? Si oui, avec quel outil commencer ?
Reconnaître les lettres ne veut pas dire systématiquement être en mesure d'apprendre à lire, mais peut néanmoins laisser penser que votre enfant est prédisposé à la culture de l'écrit.
Vous pouvez, si vous en avez vraiment le désir, appliquer la méthode décrite dans l'ouvrage J'apprends à lire à mon bébé : la révolution douce, par Janet et Glenn Doman, aux éditions Retz.
Que me conseilleriez-vous pour commencer l’apprentissage de la lecture à une enfant de 5 ans qui semble avoir des difficultés avec l’étude des sons ?
5 ans est un âge où l'on peut encore se contenter de faire de la sensibilisation à la lecture.
Chaque enfant est différent et évolue à son propre rythme. Vous pouvez commencer par quelques jeux de lecture pour jongler avec les sons.
Voici quelques idées :
- Faites apprendre par cœur à votre fille des comptines avec des sons
- Jouez « à la pêche » aux sons.
On cherche le son « bon », la maman prononce « jambon » et votre fille frappe dans ses mains dès qu'elle entend le son - Demandez-lui de taper dans ses mains autant de fois qu'elle entend le son
- Faites-lui inventer oralement un mot qui n'existe pas avec un son choisi
- Trouvez un mot qui existe et recommencez l'exercice
- Repérez la place du son dans ce mot, début, milieu, fin.
Outre ces jeux, vos pouvez dès à présent commencer à utiliser la Méthode de lecture pour tous les enfants, en respectant le rythme de votre enfant.
Que disent les Instructions Officielles en matière d’apprentissage de la lecture ? Combien de temps doit durer l’apprentissage ?
Les Instructions Officielles de l’Éducation Nationale recommandent d’étaler l’apprentissage sur les trois années du cycle 2 :
- activités de préparation à la lecture en Grande Section
- apprentissage systématique en CP et en CE.
L’objectif ambitieux étant « de conduire chacun à vouloir lire, à savoir lire, mais aussi à aimer lire ».
Chaque enfant apprend à un rythme qui lui est propre.
Tout en respectant ce rythme, il s’avère également nécessaire de fournir au jeune lecteur les moyens de progresser : exercices de lecture, activités motivantes à partir de la lecture. Dans ces conditions, il apprendra à lire en deux ou trois ans, et il y prendra plaisir.
Mon fils est au CP et ne sait toujours pas lire à l’approche de Noël. Faut-il s’inquiéter ?
Votre remarque est assez fréquente et provient souvent d’une confusion dans l’esprit des parents. Il ne faut pas confondre le « déclic » avec le fait de savoir lire.
Le « déclic » vient avant, effectivement vers Noël en général. Mais l’enfant ne sait vraiment lire que lorsqu’il est capable de décoder et de comprendre le sens de ce qui est lu.Une fois le « déclic » arrivé, l’enfant progresse à son rythme.
Mais vous pouvez l’aider avec, par exemple, la Méthode de lecture pour tous les enfants dont je suis l’auteur, en veillant par ailleurs à ce qu’il baigne dans l’univers de l’écrit, notamment à la maison.
Les enseignants pensent généralement qu’en février chaque élève doit être capable de déchiffrer, même de manière hésitante, tout en donnant du sens au message lu.
Au-delà de cette période, ils envisagent le plus souvent un soutien pour remédier aux difficultés rencontrées.
Ils reçoivent la famille et discutent des possibilités pour surmonter les obstacles éventuels.
Il ne faut en tout cas jamais s’affoler outre mesure : l’anxiété pourrait rejaillir sur votre enfant alors que c’est dans ces moments-là qu’il a besoin de toute votre confiance.
Mon fils Antoine sait lire et est en dernière année de maternelle. Pensez-vous qu’il soit bon pour lui de « sauter » la classe de CP ?
De nombreux parents ayant un enfant qui sait lire avant son entrée en CP envisagent de lui faire « sauter » cette classe. Attention, toutefois, à ne pas brûler les étapes.
Il est important, avant de prendre une telle décision, de consulter le psychologue scolaire qui testera le niveau de maturité de votre enfant en lecture et dans les autres domaines.
Puis, sur proposition de l’enseignant de maternelle, le passage anticipé sera débattu en conseil de cycle 2 (dit cycle des apprentissages fondamentaux : GS, CP et CE1)avec tous les maîtres de ce cycle.
La décision prise sera ensuite communiquée aux parents.
Faut-il attendre l’entrée au CP pour commencer avec son enfant l’apprentissage de la lecture ?
Certains enfants manifestent l’envie d’apprendre à lire avant 6 ans. Il s’agit des enfants qui demandent souvent ce qui est écrit, qui repèrent, mémorisent, ordonnent certaines lettres, reconnaissent des mots…
Si votre enfant adopte ce genre d’attitude, rien ne vous oblige à attendre l’âge de l’entrée au CP pour commencer l’apprentissage de la lecture.
Vous pouvez dès lors utiliser une méthode de lecture, par exemple la Méthode de lecture pour tous les enfants, à condition de rester vigilant et de ne jamais contraindre votre enfant à franchir trop vite les étapes.
J’aimerais savoir si votre méthode pourrait être efficace pour mon fils. À 9 ans, il a de sérieux retard en lecture et en écriture. En revanche, il excelle dans les autres matières.
Oui, la Méthode de lecture pour tous les enfants peut lui être utile, à condition que votre fils accepte de se perfectionner en lecture (et non d'apprendre à lire, puisqu'il a déjà appris).
Il faut qu'il accepte de plein gré de lire un livre qui risque de lui paraître « bébé ». Vous pouvez lui dire que grâce à cet effort, il n'aura très vite plus de remarques désagréables à l'école et il se sentira plus à l'aise.
Je suis aide éducatrice dans un collège et je recherche une méthode pour apprendre à lire à une élève de 6e d’origine algérienne... Que faire et comment ?
Un élève de 6e a souvent du mal à travailler avec un outil destiné à des enfants plus jeunes que lui. Pourtant, dans votre cas, il est encore temps d'utiliser la méthode de lecture pour tous les enfants.
Afin que cette jeune fille accepte, présentez-lui l'enjeu : apprendre vite et facilement avec un livre destiné à ceux qui apprennent dans leur plus jeune âge, pour passer ensuite à une étape supérieure.
Elle pourra ainsi bientôt lire des BD, des magazines de son âge, mieux suivre en classe, etc.
La méthode donne déjà des résultats dans des associations pour lutter contre l'illettrisme des adultes, alors pourquoi pas avec une élève de 6ème...
En pratique (14)
Un enfant ne sait lire véritablement que lorsqu’il est capable d’associer les sons, de combiner les syllabes, de connaître l’importance de la ponctuation et de comprendre ce qu’il a lu.
L’apprentissage de la lecture comporte ainsi plusieurs étapes.
De quelle façon peut-on évaluer le niveau de lecture de son enfant et quand peut-on considérer qu’il sait déjà « bien lire » ?
Bien lire est une appréciation qui doit comporter plusieurs facteurs à évaluer :
- La lecture aisée de sons isolés (ex. : ou, on , an, ouin, etc.)
- la lecture aisée de syllabes isolées (ex. : « point », « train », etc.)
- la lecture de mots ou de phrases sans hésitation après lecture silencieuse et avec l'intonation si le contexte s'y prête.
Je vous propose un type d'évaluation dont le résultat pourra vous permettre de déterminer si votre enfant commence à bien lire :
- Evaluer séparément les deux premiers points ci-dessus (sons isolés, syllabes isolées).
- Fournir à l'enfant un court texte dont vous savez qu'il est en mesure de maîtriser son sens.
- Lui donner le temps de le lire silencieusement.
- Lui proposer d'enregistrer sa lecture afin qu'il se réécoute avec vous et qu'il s'évalue.
Peu à peu, vous pourrez constater avec plaisir que votre enfant sait bien lire.
Ma fille a 6 ans et je souhaite commencer à lui apprendre à lire, indépendamment de l’école. Comment m’y prendre ?
6 ans, c'est l'age de l'apprentissage au CP.
Si l'enfant n'est pas encore au CP, il est tout à fait possible de lui apprendre à lire, à condition qu'il en manifeste vraiment le désir.
Voici quelques conseils :
- Assurez-vous qu'il est prêt (faites avec lui de petits jeux de lecture, sur le site http://www.methodesbordas.fr par exemple).
- Faites-lui reconnaître les sons ;veillez à ce qu'il nomme chaque lettre de l'alphabet.
- Prenez la Méthode de lecture pour tous les enfants comme un livre ordinaire et faire avec lui de petites séances de 10 minutes.
- Continuez à lui lire des histoires et n’oubliez pas de lui laisser les lire à son tour pour qu'il essaie « seul » avec ses acquis.
Y a-t-il des règles à respecter quand on veut aider son enfant dans son apprentissage de la lecture ?
Voici quelques principes simples :
- Sachez repérer les moments opportuns pour la lecture : après le goûter, avant de dormir…
- Ne fixez pas de date « butoir » pour terminer un livre.
De même, acceptez que votre enfant n’ait pas envie de finir un ouvrage. - Evitez de transformer la séance de lecture en interrogatoire !
En revanche, intéressez-vous à la manière dont il a perçu le livre, en lui demandant ce qui lui a plu et pourquoi. - Ne lui imposez aucun type de livre.
Si votre enfant aime les bandes dessinées, laissez-le faire, et proposez-lui à l’occasion un autre genre d’ouvrage - Enfin, d’un point de vue plus « technique », efforcez-vous de bien prononcer les liaisons en vous adressant à lui car on a souvent tendance à s’exprimer sans y prêter grande attention (ex. : Tu es ici chez toi.).
Ma fille sait lire depuis quelques mois mais me réclame toujours de lui lire des histoires. Qu’en pensez-vous ?
Même lorsque votre enfant sait lire, vous pouvez continuer de lui conter des histoires à haute voix, afin de l’habituer à entendre une lecture fluide et de préserver ces moments d’intimité.
Veillez simplement à alterner avec des séances où c’est elle qui lit, seule ou en votre compagnie.
Aucun apprentissage n’est aussi chargé d’affectif que la lecture. C’est pourquoi, vous devrez faire preuve de patience, et valoriser les acquis et les progrès de votre enfant.
À chaque étape de sa progression, il a besoin d’encouragements. Gardez en tête cette règle simple : la règle des 3 B.
Dites-lui que ce qu’il lit :
- est « Bien », dès l’instant où il achève sa lecture
- est « Bon », dès l’instant où il le fait sans erreur
- est « Beau », dès l’instant où il y met l’intonation souhaitée.
L’implication active des parents dans l’apprentissage de leur enfant est tout à fait conseillée.
Seule précaution, préciser dès le départ le rôle de chacun afin que votre enfant ne se sente pas tiraillé entre « deux écoles ».
Il faut bien lui expliquer que l’on apprend à lire à l’école et à la maison en même temps, que l’apprentissage est aussi important quel que soit le lieu, et que l’objectif reste identique.
Pour participer efficacement à l’apprentissage de votre enfant à la lecture, dites-lui que ce qui est travaillé en classe peut être revu à la maison et que, réciproquement, ce qu’il apprend avec ses parents lui sera utile à l’école.
Il est absolument nécessaire qu’il ne dissocie pas ces deux situations.
Par ailleurs, il est indispensable de rencontrer l’instituteur de votre enfant. Il ne faut pas hésiter à lui parler si nécessaire du comportement de son enfant face à la lecture ou des avancées de son apprentissage.
Cela ne sera en aucun cas interprété comme une volonté d’ingérence dans sa pédagogie.
Aider son enfant à apprendre à lire est un des plus beaux cadeaux que l’on puisse lui offrir. C’est lui donner les clés d’un royaume d’une richesse illimitée car les lectures ne sont pas les mêmes aux différentes étapes de la vie.
En ce sens, on peut dire que l’on n’a jamais fini d’apprendre à lire et que la lecture, cette merveilleuse compagne, suivra le lecteur tout au long de son existence.
Amener son enfant à lire à la maison sans qu’il se sente « forcé », comme à l’école ?
Le cadre familial, rassurant pour l’enfant, fournit de multiples situations de lecture. Certains lieux sont évidemment favorables comme le salon, où l’enfant peut souvent trouver des livres, des journaux, des magazines, des programmes de télévision...
Il pourra à la fois s’y entraîner à la lecture, mais aussi, progressivement, développer son esprit critique.
D’autres lieux, plus inattendus, sont très propices à la lecture pour l’enfant en phase d’apprentissage.
C’est le cas par exemple de la cuisine : les recettes permettent à l’enfant de lire dans un contexte inhabituel, pour le seul plaisir d’aider sa maman !
De même pour les marques et mentions qui figurent sur l’emballage des différents produits, ou encore les « petits mots » laissés sur la porte du réfrigérateur...
Les occasions sont nombreuses, sachez les exploiter !
En tant que jeune maman, j’appréhende un peu le moment où mon fils va commencer à apprendre à lire. De quelle façon faut-il s’impliquer ? N’est-ce pas préférable de laisser l’école se charger entièrement de cette lourde tâche ?
L’apprentissage de la lecture peut être comparé à apprendre à marcher ou à conduire.
C’est un parcours semé d’embûches.
Mais à aucun moment il ne faut laisser l’angoisse ou le découragement prendre le dessus. Il est au contraire important que vous rassuriez votre enfant et que vous l’accompagniez dans son apprentissage, sans pour autant aller à l’encontre de l’école.
Un enfant en phase d’apprentissage a besoin de lire dans des cadres différents : la classe, la bibliothèque, la maison… S’il y a un lieu propice à la lecture, c’est incontestablement le domicile parce qu’il symbolise le confort et la sécurité et qu’il permet de s’entraîner sans stress.
Mon fils de 6 ans est au CP et rencontre de grandes difficultés dans l’apprentissage de la lecture. Il est dernier de sa classe et très découragé (ses parents aussi !). Que me conseillez-vous comme méthodes de lecture et d'écriture qui pourraient l'aider dans son apprentissage ?
Il est inutile d'être si pessimiste fin novembre de l'année de CP, même s'il est vrai que certains enfants comprennent moins facilement que d'autres le système de l'assemblage. Vous pouvez commencer tout de suite à la maison la Méthode de lecture pour tous les enfants de Bordas. Au début de l’ouvrage, un livret destiné aux parents vous donnera tous les conseils pour bien utiliser la méthode.
Toutefois, pour ne pas le perturber davantage, veillez à expliquer à votre enfant qu’il ne s’agit pas d’une « autre méthode » mais d’un outil supplémentaire, qui va lui permettre de mieux lire en classe.
Mon fils est en grande section de maternelle et a un quotient intellectuel important. Nous préférons le laisser dans cette classe mais la psychologue nous conseille de lui apprendre à lire (il est lui-même très demandeur). J'aimerais trouver une méthode purement syllabique pour démarrer. Pouvez-vous me conseiller un ouvrage ?
Je vous conseille d'utiliser la Méthode de lecture pour tous les enfants dont je suis l'auteur car, si elle n'est pas purement syllabique, elle a un départ syllabique.
L'intérêt supplémentaire pour votre enfant est qu'en même temps, cette méthode va l’aider à enrichir son vocabulaire et lui permettre de comprendre la structure des phrases, ainsi que l'importance de la ponctuation et des majuscules.
Ainsi, non seulement vous lui apprendrez à lire, mais vous lui apporterez plus encore en lui montrant comment fonctionne l'écrit et quel est l'objectif de l'acquisition de la lecture.
Ma fille de 6 ans, en CP cette année, a des problèmes pour déchiffrer certains sons (elle confond des lettres). Sa maîtresse me conseille de l’aider en lui faisant lire des textes simples. Quelle méthode et quels ouvrages pourrais-je utiliser, adaptés à sa classe ?
La maîtresse vous a donné un bon conseil.
Vous pouvez vous appuyer sur la Méthode de lecture pour tous les enfants dont je suis l'auteur et qui comporte des petits textes pour démarrer.
Voici quelques conseils « pratiques » :
- Allez lentement.
Assurez-vous que chaque page est acquise avant de passer à la suivante et revoyez régulièrement les pages précédentes.
N'hésitez pas à introduire cela sous forme de jeux, de points à gagner, à la manière d'un entraînement « sportif » - Profitez des périodes de vacances, notamment des grandes vacances, au moment où il n'y a plus de contact avec l'école.
Votre enfant vivra ce travail comme une préparation à l'entrée dans la classe suivante.
Elle pourra se dire que grâce à ce qu'elle aura fait avec papa et maman, elle ne sera plus sujette aux confusions. Cela peut la motiver.
Tous les parents sont, un jour ou l’autre, confrontés à ce phénomène : subitement et de manière imprévisible, l’attitude de leur enfant face à la lecture change.
Il semble dégagé de toute gêne et découvre même seul des étapes non étudiées qu’il franchit avec succès. C’est le fameux « déclic ».
Il s’agit de la connexion des nombreuses opérations mentales nécessaires pour lire. Le cerveau, entraîné et conforté par les réussites, met en œuvre les bonnes stratégies déductives.
On entend souvent parler de ce phénomène qui aurait lieu dans un grand nombre de cas vers Noël, l’année du CP.
Prudence cependant : inutile de s’angoisser si le fameux déclic tarde à venir.
En effet, lire c’est aussi grandir, et les enfants ne grandissent pas à date fixe.
Comment savoir si son enfant est visuel ou auditif ? Quel est le bon équilibre ?
Votre enfant est plutôt « visuel » s’il a besoin de voir l’écriture d’un mot pour le mémoriser. Il est davantage « auditif » s’il a besoin de l’entendre.
L’apprentissage de la lecture ne doit pas privilégier l’un des aspects au détriment de l’autre.
Vous devez veiller à rétablir l’équilibre, en lui faisant exercer son oreille (distinction des sons, rythme des phrases, accents de la langue...) ou son œil (différence entre les images, les formes, les mots...) si nécessaire.
Oui, la lecture à haute voix est très importante car elle favorise la compréhension de l’enfant grâce à la ponctuation et aux liaisons : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ».
Aussi, continuer la lecture à haute voix donnera à votre enfant de l’aisance en expression orale, une des priorités imposées par les nouvelles Instructions Officielles.
Ma fille est en CP et à des difficultés pour « entendre » les syllabes et les associer pour en faire des mots. Comment l’aider ?
Précisons, avant d'aller plus loin, que l'on travaille la syllabe pour l'écrit et qu'il existe deux types de syllabes (orale et écrite).
Le cas de votre fille ne concerne visiblement que l'écoute des syllabes. Pour l'aider, il est souhaitable de lui faire entendre des mots avec autant de syllabes orales que de syllabes écrites.
Un exemple avec le mot « artichaut ».
- Prononcez à l'enfant le mot et faites-le lui répéter en mettant la main devant la bouche.
- À chaque émission de souffle correspond une syllabe. L'enfant dira donc trois syllabes.
Les mots qui comportent des syllabes écrites mais pas orales (comme « chaise », « polichinelle », etc.) sont cependant à éviter pour cet exercice.
Il y a deux types de confusions auxquelles votre enfant se trouve peut-être confronté : une confusion visuelle ou une confusion auditive. Voici quelques pistes pour vous aider.
En cas de confusion visuelle :
- entre n et m : L'enfant n'a pas compris que « n » a un pont et « m » deux ponts. Je vous conseille d'écrire « n » et « m » sur deux étiquettes et de prononcer des mots qui commencent par l'une ou l'autre lettre. À chaque fois, votre enfant devra désigner l'étiquette qui comporte la bonne lettre. Exemple : « noël » : l'enfant dit « n n n n » et montre la lettre sur l'étiquette.
- entre d et b : Ici, « d » à un gros « derrière » et « b » un gros « bedon »... Un jeu similaire à celui proposé pour « n et m » peut être pratiqué.
En cas de confusion auditive :
- entre p et t : Ici, montrer l'étiquette de la lettre « p » (« pe... ») et demander à l'enfant de la prononcer très fort devant un miroir. Idem avec la lettre « t » (« te »).
- Il s’agit d’associer la lettre et le bruit que l'on fait avec.
Comment faire différencier à mon enfant l'accent aigu et l'accent grave ?
Voici deux astuces pour aider vote enfant à ne plus confondre les accents.
La différenciation prioritaire passe par le corporel.
Il faut que l'enfant trace dans l'air un accent aigu ou grave au-dessus d'un « e ».
Par exemple :
- Sur un carton, à hauteur de sa poitrine, tracez un « e » et donnez à votre enfant un feutre
- Faites-lui pointer le départ de l'accent au-dessus du « e », à droite pour l'accent aigu, à gauche pour l'accent grave.
- Faites-lui dire « é » en même temps qu'il le trace en l'air.
Faire la même chose pour le « è ». - Faites-lui repérer, dans une page, tous les « e » qui portent un accent.
- Quand il dit « é », demandez-lui de repasser, avec le doigt, le sens de l'accent de point de départ.
Le corps assimile ainsi le sens de l'accent et le son qu'il produit.
Quels sont les points forts et les points faibles des visuels et des auditifs ? Comment exploiter ses caractéristiques dans l’apprentissage de la lecture ?
Une personne dite « visuelle » a tendance à photographier le mot.
- Il faut lui apprendre à « oraliser » ce qu'elle voit pour qu'elle entende le son qu'elle a vu. La lecture à haute voix lui est indispensable.
- Il est important d’habituer un enfant visuel à se dire le texte dans sa tête.
- Point positif, le visuel est plus sensible à la ponctuation, à la longueur des mots, aux détails en général, et aura ainsi bien souvent des facilités en orthographe.
- Il faut demander à un enfant auditif de montrer avec le doigt d'abord le mot dans lequel il a entendu le son, puis la syllabe.
- Puis, lui faire épeler la graphie du son afin qu'il l’entende en même temps qu'il la voit.
- Pour un auditif, il est important d’insister à la fois sur le regard et sur la voix.
Un « auditif » est capable de repérer un son n'importe où en le situant dans le mot lorsqu’il l’entend (1re, 2e ou 3e syllabe ou 1re, 2e ou 3e position).
Les supports (7)
Voici ce qui est dit à ce propos dans les Programmes officiels de l’école primaire :
" Le maître utilise des supports variés :
- le livre, dont la découverte, la manipulation et l’utilisation sont indispensables ;
- le manuel scolaire
- des instruments et des documents divers : les dictionnaires, l’ordinateur, la presse, certains jeux éducatifs, les références élaborées en classe avec le concours des élèves (tableaux, répertoires, panneaux d’affichage…). "
(Programmes de l'école primaire, CNDP, 1995, p.45)
Toutefois, il ne s’agit là que d’un éventail des possibles et l’entière liberté est laissée à l’enseignant.
Surtout pas! Si votre enfant aime les bandes dessinées, laissez-lui ce plaisir.
Celles-ci sont très intéressantes pour le lien qu’elles font entre le scénario et le déroulement de l’histoire ; l’enfant doit suivre les vignettes dans l’ordre, quelle que soit leur disposition dans la page.
Par ailleurs, les bulles des BD favorisent une lecture expressive, qui amène l’enfant à « vivre » le récit : la lecture à haute voix (notamment des nombreuses onomatopées) et si possible à plusieurs, est vivement conseillée.
La lecture sur ordinateur ne présente pas de différence fondamentale avec la lecture traditionnelle.
Veillez cependant à :
- Placer l’écran de l’ordinateur perpendiculairement aux sources lumineuses (fenêtre, lampe...) pour supprimer les reflets.
- Régler la hauteur du siège afin que votre enfant ait les coudes surélevés par rapport à la table (pensez aussi au repose-pied qui évitera à ses jambes de pendre dans le vide).
- Diminuer le volume sonore pour favoriser une meilleure concentration.
Non, car votre enfant peut s’amuser à y lire des petits textes dans un temps limité (sous-titres, génériques...) ou des visuels (carte météo...). Il s’habitue ainsi à balayer l’écran des yeux pour aller « à la pêche » du message écrit.
Afin de rendre cette activité plus « pédagogique », vous pouvez par exemple profiter d’une publicité pour organiser un petit jeu avec votre enfant : lui faire repérer des mots ou des phrases sur l'écran, qui l’entraîneront à la lecture rapide.
Faites toutefois attention à ce que cela ne le fatigue pas.
S’il est nécessaire de laisser son enfant découvrir seul des textes, cela ne dispense pas les parents de les lire auparavant.
Ainsi, vous pourrez plus facilement répondre aux questions qu’il sera amené à se poser.
Comment amener son enfant à passer de l’apprentissage « de base » à la lecture de « vrais » textes ?
Très rapidement, après le début de l’apprentissage, il est nécessaire de diversifier les supports de lecture.
Vous trouverez au quotidien de nombreuses occasions de faire lire votre enfant : consultation du dictionnaire, courses au supermarché (lecture des promotions, de la liste des achats), etc. Gardez à l’esprit que la lecture est omniprésente dans nos vies, que ce soit sur les affiches publicitaires, les enseignes de magasins ou même à la télévision.
Un peu plus tard, lorsque votre enfant se sentira plus à l’aise, il sera temps de passer à des textes plus longs. La littérature de jeunesse est foisonnante, offrant un large choix d’ouvrages dont il faut faire profiter son enfant.
Je recherche du matériel, des jeux, des activités pour compléter une méthode de lecture syllabique
Vous avez tout à fait raison de jouer avec votre enfant pour développer son appétit de lecture.
Voici quelques propositions.
Jeu 1 :
- Vous cousez sur une paire de chaussettes des « scratchs ».
- Suspendez ensuite les chaussettes.
- Fabriquez également des étiquettes (qui viendront se coller sur les chaussettes) avec les syllabes que connaît l'enfant.
- L'enfant va chercher les étiquettes dans une boite et les colle puis les lit.
Utiliser des chaussettes rend ce jeu « amusant » mais vous pouvez penser à d'autres supports, pourvu que cela reste très ludique.
Jeu 2 : Le jeu de pouce-pouce.
- Procurez-vous une ou deux boîtes à œufs
Ecrivez des syllabes sur les œufs. L'enfant change les œufs de place et compose ainsi des mots, qu'il peut alors lire.
Il existe des livres pour les tout jeunes lecteurs, mais préférez les livres les moins illustrés, car les illustrations risquent de suggérer le texte.
L’apprentissage de la lecture doit-il se faire en même temps que celui de l’écriture ?
Pour commencer, précisons ce que signifie l’écriture dans les apprentissages.
Il s’agit tout autant de la maîtrise des gestes pour retranscrire les mots avec une écriture liée et aisée que de produire de courtes phrases et/ou de petits textes en utilisant les acquis de l’apprentissage de la lecture.
Il est important que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture se fassent simultanément afin de faciliter la copie des textes par l’enfant mais aussi de prévenir d’éventuels problèmes d’orthographe qui pourraient venir de gestes mal maîtrisés retardant le rythme de l’écrit.
Par ailleurs, cette démarche place l’enfant qui apprend à lire dans la situation de « producteur d’écrit » : le fait de pouvoir être lu par d’autres personnes le mettra en confiance.
Je suis éducatrice en Grande Section et j’utilise le livre Maternelle grande section lecture-écriture dont vous êtes l’auteur. J'ai l'impression que, dans cet ouvrage, l'enfant fait connaissance avec les mots d'abord puis ensuite avec les lettres. Ai-je raison ?
Dans le cahier dont vous parlez, on n'aborde pas les mots d'abord puis les lettres mais plutôt d'emblée la combinaison des lettres pour aborder les mots. Il y a de toute façon un ordre à respecter.
Faut-il savoir lire avant d’apprendre à écrire ou savoir écrire avant d’apprendre à lire ? Ou bien les deux apprentissages se font-ils ensemble ?
Votre question fait l'objet de débat depuis fort longtemps entre pédagogues. Je vais tâcher toutefois de vous donner une réponse concrète.
À mon sens, il faut lire pour pouvoir écrire. Mais, bien entendu, il est vrai qu'en écrivant, on apprend aussi à lire. L'important, c'est d'avoir compris la combinaison du code et la combinaison syntaxique. Dès que l'on commence à comprendre le système codifié de la lecture, il est indispensable de le traduire à l'écrit.
Ce sont deux apprentissages concomitants, dont l'un précède l'autre de très près.
Pensez-vous que votre méthode puisse être utilisée dans l’apprentissage d’une langue étrangère par le moyen de la lecture ?
La méthode de lecture pour tous les enfants dont je suis l’auteur s’adresse avant tout aux parents qui souhaitent aider leurs enfants dans leur apprentissage de la lecture.
Toutefois, elle peut tout à fait être utilisée pour enseigner le français à de jeunes étrangers, sous certaines conditions.
- La première est que l'enfant qui est en apprentissage puisse avoir une bonne représentation au niveau du vocabulaire (il comprend le sens de ce qu'il lit).
- La seconde est qu'il puisse avoir les moyens de répéter et de s'entendre répéter les sons (en utilisant par exemple un magnétophone).
J’aimerais savoir s’il est possible d’utiliser votre méthode de lecture avec une enfant d’origine étrangère de 8 ans qui apprend à lire le français et qui a des difficultés particulières avec certains sons (« oi », « ou » et « gn »).Elle les devine plus qu’elle ne les lit.
Notre méthode est adaptée au problème que vous soumettez :
- A condition toutefois d'expliquer à l'enfant que ce qu'elle sait déjà lui permettra de lire plus facilement certaines pages et que les autres pages lui permettront de compléter... ce qu'elle sait déjà.
- La deuxième condition, c'est d'aller rapidement sur la première partie, puisque visiblement cette enfant à des difficultés spécifiques avec les sons « OI » ou « GN ».
Ensuite, prendre le temps de l'assimilation sur chaque son nouveau, en particuliers des sons qu'elle trouve difficiles. - La troisième condition, c'est de bien lire les conseils pour les parents : alterner le travail en lui faisant observer les mouvements de sa bouche dans un miroir et le travail les yeux fermés, pour mieux entendre les sons.
Ma fille parle couramment 3 langues : français, espagnol, allemand, mais ne sait pas encore lire.Pensez-vous qu’il soit possible qu’elle apprenne à lire dans deux langues (français et allemand) en même temps ?
Les systèmes alphabétiques français et allemand ne sont pas très différents. Seules les lois grammaticales diffèrent sur certains points.
Il est préférable que votre enfant apprenne d'abord à lire dans la langue qui lui est nécessaire pour comprendre les messages qui l'entourent dans le quotidien (dans votre cas, la langue allemande).
Lorsqu'elle aura atteint le niveau suffisant pour lire et écrire l'allemand (niveau de base), vous pourrez passer au français.
Ainsi, il y aura seulement quelques mois de différence dans l'apprentissage dans les deux langues.
J'ai acheté votre méthode de lecture pour ma petite fille de 6 ans qui est américaine et qui ne parle pas encore français, mais la question me concerne également : j'aimerais lire plus rapidement le français tout en comprenant mieux. Je m'entraîne avec la méthode Richaudeau, mais j'aimerais savoir si vous proposez des méthodes pour adultes de lecture intégrale et de lecture sélective.
Pour parfaire vos bases, vous pouvez bien sûr utiliser la Méthode de lecture Bordas et vous aider également des livres que lira votre petite fille pour voir les mots dans le contexte.
Par la suite, vous pourrez utiliser des ouvrages de chez Berlitz, de chez Retz ou des guides de conversation.
Vous trouverez beaucoup d'autres ouvrages en librairie.
Ma fille Estelle a 6 ans et est au CP. Elle a de grandes difficultés à travailler et il est difficile pour moi de l’aider à faire ses devoirs. Elle a tendance à mélanger les lettres, en particulier lorsqu’il s’agit pour elle d’écrire certains mots sans modèle. Elle s'énerve jusqu'a en pleurer !!! Que faire ?
Je vous propose d’essayer avec votre fille une méthode efficace pour mémoriser l'épellation. Il s’agit d’une variante de la méthode gestuelle, utilisée avec succès auprès d'enfants qui ont des difficultés d'apprentissage de la lecture.
Elle consiste à « découper » les mots en syllabes et à les écrire chacune dans un carreau (une fenêtre). Ensuite, il faut les lire et les écrire une par une, en faisant des gestes précis.
Voici un exemple:
Avec le mot « AUTOMOBILE ».
- Vous l'écrivez dans 5 carreaux « AU TO MO BI LE ».
- Vous demandez ensuite à votre fille de taper dans ses mains et de dire « AU ».
- Elle lève la main droite et dit « A ».
- Elle lève la main gauche et dit « U ». Elle écrit « AU ».
- Elle tape dans ses mains et dit « TO ».
- Elle lève la main droite et dit « T ».
- Elle lève la main gauche et dit « O ».
- Elle écrit « TO », etc.
Cela peut sembler fastidieux mais permet de mémoriser différemment, en évitant de mélanger l'ordre des lettres et des syllabes.
Expliquez à votre fille (qui sera sûrement étonnée par cette nouvelle approche) que la maîtresse n'a pas le temps de faire ça avec elle en classe mais que vous si, et que cela l'aidera sûrement.
L’analphabétisme n’existe quasiment plus en France. L’enfant analphabète est incapable d’associer des syllabes pour en faire des sons, puis des mots.
Dans les cas d’illettrisme, l’enfant a plus ou moins appris à maîtriser le code (l’ensemble des règles de la lecture). Mais pour de multiples raisons, il a désappris à lire : il n’arrive plus à comprendre ni à transcrire un message.
En France, le taux d’illettrés devient alarmant.
«Trouble de la capacité de lire ou difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit », selon Le Robert.
La dyslexie est connue depuis longtemps mais elle est moins fréquente qu’on le croit. Son dépistage se fait en milieu scolaire.
Le cas échéant, vous serez guidé vers un psychologue et un orthophoniste.
Mon fils Thomas, 6 ans et demi, est au CP et apprend à lire. J'ai rencontré sa maîtresse cette semaine qui semble inquiète car, 3 mois avant la fin de l’année scolaire, il ne sait toujours pas lire. Pourtant, il n'est pas dyslexique. (...) Je ne veux pas, à la maison, introduire une autre méthode (traditionnelle), de peur que Thomas soit encore plus perdu... Bref, je suis un peu déboussolée et des conseils seraient les bienvenus.
S'il vous semble que votre enfant n'est pas à l'aise avec une méthode semi-globale et que, par ailleurs, il possède un bon vocabulaire, c'est qu'il a probablement besoin de comprendre comment « fonctionne » la lecture (le fameux B et A, BA).
Sans craindre de le « perturber », vous pouvez lui proposer la chose suivante, sous la forme d'un jeu : à la maison, il va apprendre à lire en découpant les syllabes. Ce sera différent et cela complètera l'approche de l'école.
Dès le moment où votre enfant comprendra le mécanisme, il n'aura probablement plus de difficultés.
Ma fille, une enfant que nous avons adoptée, refuse de travailler à l’école. Votre méthode peut-elle m’aider à la convaincre et à la motiver ?
La méthode de lecture pour tous les enfants s'adresse avant tout aux parents qui souhaitent aider leurs enfants, et on ne la trouve pas à l'école. Elle permet donc d'aborder la lecture d'une manière différente (mais toujours complémentaire) à la maison et à l'école.
En tant que parent, elle vous donne un rôle à jouer auprès de votre enfant dans cet apprentissage essentiel (et c'est peut-être d'autant plus important que votre enfant semble refuser d'apprendre à l'école avec un enseignant).
Présentez à votre fille le projet d'apprendre à lire comme un moyen de se faire plaisir, de devenir grand, d'être semblable à tous les enfants de son âge. Cela devrait la motiver.
Par ailleurs, n’oubliez pas que dans certains cas, un soutien psychologique peut aider l’enfant.
Kévin, en CE1, est un enfant dysphasique phonologico-syntaxique. Il lit lettre par lettre et n'arrive pas à accorder certains sons. Votre méthode pourrait-t-elle l'aider à s'améliorer ?
La Méthode de lecture pour tous les enfants peut aider Kévin. Toutefois, il peut être utile, pour chaque leçon, en particulier pour habituer l'enfant à lier en premier les lettres pour faire une syllabe, puis les syllabes pour faire un mot, de pratiquer une aide gestuelle.
Voici comment vous pouvez procéder :
Technique de frappe des mains (très utile pour associer deux lettres et faire un son) :
- Levez la main gauche et prononcez le bruit que fait la lettre .
Exemple : L...
- Levez la main droite et prononcez le bruit que fait la 2e lettre . Exemple : A...
- Frappez dans les mains et prononcez LA .
Technique de cache (pour les lettres qui s'associent pour former un son)
Exemple : AIN -> pelez A-I-N , puis cachez les yeux et dites AIN
Technique gestuelle d'association de syllabes
Exemple : AU-TO-MO-BI-LE Déplacez-vous de gauche à droite et faites un pas de côté pour chaque syllabe :
AU -> TO -> MO -> BI -> LE
Au bout du chemin, dire d'un coup Automobile .
Cette technique permet à l'enfant, en mettant le corps en jeu, de dépasser la simple visualisation de la lettre.
Attention toutefois : il ne s’agit que d'une aide supplémentaire qui ne peut en aucun cas remplacer une rééducation spécialisée par un orthophoniste.
Je suis très inquiète : ma fille apprend à lire avec la méthode globale et éprouve beaucoup de difficultés. Elle confond les tr avec les pr, lit li au lieu de il. Elle perd patience et se plaint souvent. Nous avons eu un rendez-vous avec son maître, qui la trouve lente. Comment peut-on l'aider ?
Si le maître vous a convoqué pour parler de votre fille, il est important de réfléchir à l'attitude de l'enfant face à la lecture. Il est possible que la méthode de lecture utilisée en classe ne lui convienne pas.
Pour commencer, une consultation chez l'ophtalmologiste et une (ou un) orthophoniste s'impose. Ensuite, il sera possible d’envisager l’utilisation de la Méthode de lecture pour tous les enfants en complément de la méthode utilisée en classe.
Mon fils de 5 ans est suivi par un orthophoniste pour un retard de langage. Il fait de gros progrès. Toutefois, j'ai peur que cela soit un frein dans l'apprentissage de la lecture. Comment faire pour faciliter dès maintenant son apprentissage futur ?
Il est indispensable de laisser le travail orthophonique porter ses fruits tout en félicitant votre enfant des progrès qu'il fait.
Il est également important de glisser quelques phrases anodines telles que : « Avec tous ces progrès, tu vas être bientôt prêt pour la lecture... ».
En complément, vous pouvez :
- montrer à votre enfant le plaisir de pouvoir être « libre » en sachant lire certains messages du quotidien (nom des rues, lettres qui lui sont adressées, pages de catalogue qui le concernent...)
- lire et relire avec lui les livres qu'il possède dans son petit coin personnel
- lui fournir un mensuel le préparant à avoir envie de lire...
Une patience non attentiste, un grand enthousiasme dans les progrès obtenus et le fait de dire la confiance que vous avez dans ses possibilités seront la meilleure façon de le préparer à la lecture.
Si votre enfant a des difficultés pour lire, cela peut effectivement provenir d’un trouble oculaire ou d’un trouble de l’audition.
- La vue
Il existe deux types d’informations visuelles indispensables dans l’acte de lire :
- une qui se trouve devant le globe oculaire (l’« information visuelle »)
- une autre derrière le globe oculaire (l’« information mentale ») ;
Une acuité visuelle déficiente ne peut que perturber la première et induire en erreur la seconde.
Avant l’entrée au CP, une visite médicale scolaire est obligatoire ; toutefois, n’hésitez pas à faire pratiquer un bilan chez un ophtalmologiste. La prévention n’est jamais inutile.
- L’audition
Certaines difficultés en lecture peuvent également venir d’une déficience de l’appareil auditif. Si vous avez des doutes, là encore il est préférable de consulter un spécialiste.
C'est une bien vaste question. Les difficultés d'apprentissage de la lecture peuvent avoir plusieurs origines : problème de vocabulaire, de sons.
Le point essentiel est de bien entendre et de reconnaître la place des sons. Il faut s'assurer que les enfants discriminent les sons et les reconnaissent entre eux.
En tant qu’orthopédagogue au Québec, votre méthode m’intéresse. J’aimerais savoir si elle a été « validée » et quels sont les ouvrages qui ont amené ce nouveau courant.
Connaissant le Québec, je comprends ce que signifie pour vous le mot « validé » concernant un ouvrage pédagogique. Rassurez-vous, cette méthode est naturellement conforme aux Instructions Officielles françaises, ainsi qu'aux programmes en vigueur.
Pour répondre à la seconde partie de votre question, cette méthode de lecture ne représente pas un nouveau courant mais se veut de bon sens. Il s'agit d'aider les enfants à se sentir à l'aise dans la combinaison, à l'aise avec les lettres et les syllabes
Aimer lire (5)
Il me semble primordial que l’enfant évolue dans un univers familial qui lui donne envie de découvrir le plaisir de lire.
En tant que parents, vous avez bien entendu un rôle capital à jouer, non seulement par le biais des histoires que vous lisez à votre enfant, mais aussi en suivant son apprentissage pas à pas.
Vous pouvez répondre aux questions de l’enfant, mettre le doigt sur certains points particuliers de vocabulaire, l’aider à maintenir son attention sur les tâches à effectuer, afin que s’établisse une véritable complicité intellectuelle entre votre enfant et vous.
Sachez toutefois que les bienfaits du cadre familial ne se limitent pas aux parents. Le reste de la famille peut participer également.
Les grands-parents sont souvent des acteurs essentiels dans l’apprentissage de la lecture. Ils sont généralement plus disponibles et transmettent un héritage culturel à leurs petits-enfants. Les frères et sœurs, parfois pris comme modèles ou exemples, les cousins, mais aussi les amis, peuvent aussi influencer l’enfant dans sa façon d’appréhender la lecture.
Votre plus grande préoccupation après son apprentissage de la lecture, c’est que votre enfant dépasse le stade de la lecture, « contrainte scolaire » pour fréquenter plus assidûment le plaisir de lire dans un éventail de genres aussi éclectique que possible.
Vous pouvez l’aider à accéder à ce trésor inestimable qui permettra son intégration dans le monde de l’écrit:
- Choisissez ses lectures avec lui en tenant compte de ses goûts pour d’autres genres littéraires
- Mettez-le en « appétit » de découvrir un genre, un auteur, un thème en lisant avec lui le résumé, le sommaire, en regardant les illustrations… lisez ses histoires et parlez-en avec lui
- Organisez dans un coin personnel un rangement bibliothèque que vous lui laissez gérer
- Faites de la visite à la bibliothèque une « sortie familiale » régulière
- Laissez-le, en fonction de son âge, au rayon lecture du supermarché, de la maison de la presse, pendant que vous faites vos emplettes
Ainsi, tous les ingrédients seront réunis pour qu’il trouve la recette du « bonheur de lire ».
Mon fils Benjamin, 9 ans, est en CE2 et n’aime pas lire. À chaque lecture, il faut « se battre ». Je trouve qu'il ne lit pas correctement pour son âge. J'ai peur qu'il soit en retard en rentrant au CM1. Comment le stimuler et lui faire comprendre que lire n'est pas une punition ?
Votre message m'incite à penser que votre garçon n'aime pas la lecture scolaire, c'est-à-dire le travail demandé par l'école à la maison. Il vous faut vous armer de patience et surtout d'adopter une attitude qui va le mettre dans une autre situation. Ainsi, lorsqu'il a à lire pour l'école (page, texte...), mettez en place une activité ludique et procédez par étape.
Exemple :
1. Laissez-le s'entraîner de son côté.
2. Dès qu'il est prêt, assurez-vous qu'il a compris le sens de ce qu'il lit. Posez des questions dont la réponse est dans le texte, ce qui l'obligera à retourner au texte et à relire (pour vous répondre) quelques passages.
3. Lisez-lui le texte à haute voix, sans lui demander de suivre.
4. A lui, maintenant. Surtout, ne le reprenez pas en permanence. évaluez avec lui la différence entre les deux lectures en ne mettant en valeur que les points positifs.
Autre façon de faire :
- Laissez-lui vous lire le texte et surtout, ne l'interrompez pas.
- Evaluez-le en lui posant des questions sur ce que vous n'avez pas très bien compris ou/et notez les points positifs.
- Une fois par semaine, reprenez un ou plusieurs éléments lus et jouez avec une montre (jeu de vitesse) ou sur l'intonation (lire en donnant du sens, en jouant une sorte de pièce de théâtre). N'oubliez pas de récompenser les progrès.
- Enfin, laissez votre enfant lire seul dans son intimité en observant le temps qu'il y passe, sans faire de commentaire. Si en fin de compte, vous repérez que ces difficultés en lecture sont mécaniques, reprenez la méthode de lecture pour tous les enfants sous forme de jeu en lui expliquant qu'en lisant vite ce qui est facile, il pourra bientôt tout lire.
Peut-on vivre sans savoir lire ?
Certains y sont contraints faute d'avoir appris ou victimes d'avoir « désappris». Mais ils sont alors peu intégrer dans une société qui demande à ses citoyens de savoir lire et écrire pour bien communiquer, agir, décider...
Que dire aussi des 17 % à 20 % d'élèves de 6e qui « ne savent pas suffisamment lire » ?
Savoir lire est primordial pour accéder à la liberté de se mouvoir avec un pouvoir de choix dans notre société. Aimer lire est un plaisir qu'il est du devoir des enseignants de motiver chez les enfants.
En tant que parent, pour créer un lien entre l'école et la maison, vous pouvez par exemple :
- Emmener votre enfant au rayon livres des grands magasins, le laisser « tripoter » les livres (les regarder à l’envers, les feuilleter n’importe comment) pour l'amener à comprendre la notion de livre/objet
Emmener votre enfant à la bibliothèque, à la ludothèque - Vous documenter sur les livres qu’il y a l’intérieur de l’école : quels sont ceux qui l’intéressent (pour éventuellement les lui acheter) ?
- Il n’y a pas que les livres. Vous pouvez regarder et lire ensemble les affiches, les publicités, les affichages à l’école.
Voici ce que disent les textes officiels à propos des méthodes de lecture :
Il n'y a pas de méthode imposée d'apprentissage de la lecture. Toutefois, dans le Bulletin Officiel du 12.01.06 le ministre de l'Éducation expose : « J'attends donc des maîtres qu'ils écartent résolument les méthodes qui saturent la mémoire des élèves, sans leur donner les moyens d'accéder de façon autonome à la lecture ».
(B.O. n°2 du 12.01.06, p.77-78)
Les manuels scolaires publiés au fil des années ont-ils suivi l’apparition des différentes méthodes ? Quels sont les ouvrages qui ont le plus marqué leur temps ?
En 1831, une commission chargée de choisir les livres pour les écoles primaires, adopte et impose un ouvrage de chez Nathan : Alphabet et premier livre de lecture. Ce sera la seule expérience de ce type car au XXe siècle, les manuels se multipliant selon les avancées de la connaissance des techniques d’apprentissage de la lecture et de la psychologie, la liberté de choisir est laissée à l’enseignant.
Certains ouvrages ont plus que d’autres marqué leur temps :
- 1913 La Méthode Boscher ou la journée des Tout Petits, Belin.
- 1951 Rémi et Colette, Magnard.
- 1955
- Le Livre que j’aime.
- Nounourse et ses amis (méthode phonétique).
- 1964 Daniel et Valérie, Nathan.
- 1966 La Clé des mots (méthode basée sur le gestuel), Nathan.
- 1972 Le Nouveau Sablier (méthode phonologique qui nous vient du Canada), Hatier.
- 1977
- Au fil des mots (avec une approche globale), Nathan
- Chantepages (avec une approche globale), Bordas.
- Corinne, Jérôme et Jules, Nathan.
- 1980 / 1990
- Ratus, Hatier.
- Lecture en fête, Hachette.
- Objectif lire, Hachette.
Il existe un large éventail de méthodes de lecture que l’on peut regrouper au sein de trois grandes familles. Bien qu’ayant évolué durant les dernières décennies, aucune n’est parvenue à faire l’unanimité.
Les trois grandes familles de méthodes de lecture sont :
- La méthode syllabique traditionnelle:
Cette méthode est aussi ancienne que l’alphabet.
Elle privilégie l’entrée dans la lecture par l’étude du signe oral ou écrit en allant du simple au complexe (la lettre, le son, la syllabe, le mot...).
On l’appelle aussi méthode synthétique. Au XVIIe siècle, la lecture est enseignée collectivement, à partir de tableaux muraux de lettres et syllabes.
Peu après la Seconde Guerre mondiale apparaîtront des ouvrages de lecture utilisant la méthode syllabique avec des supports nouveaux : illustrations, lecture de mots, de groupes de mots et de phrases sans majuscule ni ponctuation.
- La méthode globale:
Amorcée dès le XVIIIe siècle par Nicolas Adam, sa démarche est l’inverse de la précédente :
Elle privilégie l’entrée dans l’écrit par le sens. On propose à l’enfant des énoncés utilisant des mots proches de son vécu et de son expression orale. Il doit les reconnaître globalement.
Ce n’est qu’après plusieurs mois de cet exercice conçu pour « entraîner au jugement » qu’il sera amené à faire des comparaisons pour fabriquer peu à peu le code de l’écrit, sans qu’à aucun moment ne soit mis en œuvre un quelconque apprentissage synthétique. Aujourd’hui, cette méthode n’est pratiquement plus utilisée.
- La méthode mixte
: Elle est utilisée depuis une quinzaine d’années
C’est la plus répandue, tant par le nombre d’ouvrages édités que par celui des enseignants l’ayant adoptée.
On propose à l’enfant, au début de son apprentissage, un ensemble de mots et de phrases qu’il apprend par cœur.
Selon les supports choisis, cette première phase, globale, dure de quinze jours à trois mois. Elle est suivie d’une phase synthétique avec un apprentissage traditionnel de la lettre et du son.
- Il y autant de méthodes « mixtes » que d’enseignants les utilisant et il n’est pas toujours aisé d’identifier précisément la démarche choisie.
J’ai entendu parler d’une méthode de lecture qui part de ce que l'enfant veut ou peut écrire. Je ne me souviens plus du nom de l'auteur. Pouvez-vous m‘aider à la retrouver ?
Il existe un foisonnement de méthodes de ce type, qui reposent sur une philosophie bien spécifique de l'apprentissage. Basées sur l'acquisition du tout à la partie (méthode globale), elles prennent chacune une originalité qui leur est propre de part l'expérience de leur auteur.
Je vous conseille de contacter l'A. L. F. (association française pour la lecture) qui les a certainement recensées.
Ma fille est au CP et apprend à lire avec la « méthode gestuelle ». Quel est son intérêt par rapport aux autres méthodes ?
La méthode gestuelle est une méthode appliquée avec succès auprès d’enfants en difficulté (et qui fonctionne naturellement avec ceux qui n'en ont pas). Elle permet notamment de mémoriser très efficacement l'épellation.
Il est fréquent que le professeur commence l'année avec ce type de méthode. Au delà de quelques semaines, il est en général temps de passer à la pratique d'une autre méthode.
Si cela n'était pas le cas, vous pouvez de votre côté amorcer un apprentissage parallèle, sans discréditer pour autant la méthode utilisée en classe par votre fille (vous pourrez par exemple continuer à scander les syllabes).
À quelle catégorie de méthode de lecture appartient celle que vous éditez ? J’ai entendu parler de la méthode de syllabation et de la méthode globale.
Il existe aujourd'hui deux courants de méthode principaux : la « syllabique » et la « mixte ».
La méthode que nous vous proposons s'appelle Méthode de lecture pour tous les enfants. Dans le supplément de 16 pages à l'usage des parents, vous pourrez y lire l'historique des différentes méthodes au cours des ans.
Cette méthode propose simultanément à l'enfant les moyens de construire pas à pas l'identification des sons, la construction des syllabes, la lecture de mots, de phrases puis de textes.
S'appuyant sur une démarche progressive, logique et ludique, elle offre au débutant les clés du déchiffrage, de la signification des mots et de l'organisation de l'écrit (majuscules, ponctuation, lettres muettes).
À la fin de l'ouvrage, grâce aux techniques et aux automatismes acquis, l'enfant - fort de ce « bagage indispensable qu'est la maîtrise de la lecture, au service de notre patrimoine le plus précieux : la langue française »* -, sera un lecteur autonome, demandeur du plaisir de lire.
*Extrait du BO du 12.01.2006 "Apprendre à lire"
Il ne s'agit pas de critiques mais de réserves.
Il existe en fait aujourd’hui deux méthodes principales : la syllabique et la mixte (la globale n’est pratiquement plus utilisée). Chacune de ces deux méthodes ne favorise qu'un aspect de la lecture.
- La méthode syllabique nécessite de la part de l’enfant une très bonne maîtrise avant d'entrer dans l'écrit.
- La méthode mixte propose un apprentissage par cœur en photographiant les mots pour favoriser l'entrée dans l'écrit (mais cette méthode pose des problèmes pour l’acquisition de l’orthographe).
J'insiste sur le côté pédagogique de l'enseignement de la lecture : il me semble important de ne pas valoriser un seul aspect de la lecture mais de ne pas embrouiller non plus l'enfant en lui proposant plusieurs types d'apprentissages.
Dans tous les cas, il faut privilégier des séances de travail courtes sur un type d'apprentissage donné.
Ma sœur a 18 ans et ne sait toujours pas lire. Avec mes parents, nous avons tout essayé : médecin, psychologue, centre d'orthophonie. Le dernier centre auquel nous nous sommes adressés a refusé de la prendre en charge car il aurait fallu qu’elle connaisse déjà les bases de la lecture. Nous sommes désespérés et ne savons plus comment faire pour l’aider.
Votre question est difficile. Néanmoins, il ne faut pas désespérer car à tout âge il est possible d'apprendre ou de réapprendre à lire (je connais un homme de 43 ans qui réussit à le faire en ce moment).
À lire votre message, votre sœur vit dans un monde sans lecture.
La première chose à prendre en compte, c'est qu'elle ne veut pas forcément vraiment en sortir. Ce monde est à la fois douloureux, car toutes les personnes adultes sont confrontées au quotidien à la lecture et à l'écrit. Mais il est d’une certaine façon pratique car ne pas savoir lire, c'est un moyen de ne pas avoir à affronter le monde extérieur. Cela permet de dire : « Ah non, je ne peux pas faire ça puisque je ne sais pas lire... ». Cela peut être le cas de votre sœur.
Sans la brusquer, car tout doit venir d'elle, faites avec elle une liste des choses qu'elle aimerait pouvoir lire toute seule. Il y en a forcément : des titres de magazine, des titres d'affiches de cinéma, des publicités, des boites d'aliments, etc.
En fonction de sa réponse, vous pourrez fabriquer SA méthode de lecture, par exemple en découpant les titres des magazines, en découpant des syllabes, en les collant dans un cahier.
Parallèlement, vous pouvez utiliser la Méthode de lecture pour tous les enfants pour étudier une syllabe ou un son en particulier, mais toujours en rapport avec les mots et les choses que votre sœur souhaite savoir lire. Cette approche peut être longue. N'hésitez pas à laisser traîner des journaux, des bandes dessinées, des livres.
Il faut avant tout redonner envie de lire à votre sœur. Et surtout, félicitez-la pour tous les progrès accomplis.
Les sons dits « simples » sont ceux qui utilisent une lettre produisant un son comme :
- A -> a
- O -> o...
Les sons dits « complexes » sont ceux qui rassemblent deux lettres, ou trois, qui ne se prononcent pas individuellement mais qui ensemble forment un son :
par exemple :
- au, an, am, ain... à partir de la lettre A
ou
- on, oi , oin... à partir de la lettre O, etc.
Je joue avec ma fille sur le sit et je voudrais savoir s’il existe un livre qui reprend les exercices pour apprendre à lire.
Oui, il existe un cahier d’exercices, en complément de la Méthode de lecture pour tous les enfants, que vous pouvez vous procurer directement sur le site ou en librairie.
Il n'existe pas de panneaux, mais il est possible d'en fabriquer à partir des références de base.
Vous pouvez par exemple:
- Découper des formes dans du carton et les utiliser pour jouer avec les lettres et les sons et les manipuler, comme :
- une forme de chaussette avec la lettre L,
- une forme avec le son OU,
- vous les épinglez sur un fil pour former des paires, puis vous faites lire la syllabe obtenue.
- Vous pouvez aussi inventer un domino à manipuler à partir des domaines de la méthode.
Je ne doute pas que vous saurez être inventive. N'hésitez pas à me faire partager vos trouvailles !
Pensez-vous qu’il est possible d’utiliser votre méthode parallèlement à l'utilisation des cahiers de la collection « Maternelle » de chez Bordas, en particulier le cahier Lecture-Écriture ? Cela ne risque-t-il pas de surcharger ma fille ?
Afin de ne pas risquer de surcharger votre fille, vous pouvez procéder de la manière suivante :
- Utilisez d'abord les cahiers de graphisme, avant ceux de lecture-écriture.
- Vous pouvez, en parallèle, utiliser des cahiers de mathématiques.
- Commencez ensuite la Méthode de lecture.
Ne « sautez » jamais des séquences, car seul l'enchaînement pédagogique compte. Lisez attentivement le guide à l’usage des parents qui se trouve au début de la méthode.
Au Canada, il est possible de trouver nos ouvrages, notamment à Montréal.
Vous pouvez appeler le numéro suivant : Messageries ADP (001) 514 939 3767 qui vous renseignera.
J'aimerais connaître le nom d'un ouvrage sur l'apprentissage de la lecture pour adultes, dans le but d'aider une personne qui ne sait pas lire et qui n’a jamais su. Je pense qu'elle a une légère déficience mentale.
Avant toute chose, je vous conseille de faire établir un diagnostic médical sur cette personne afin de déterminer l'existence, ou non, d'une déficience mentale.
- Vous pouvez consulter un othorino-laryngologiste qui fera un bilan de l'audition.
- Ensuite, vous pouvez consulter le service neurologique d'un hôpital qui complètera le diagnostic.
- Seulement après, il sera possible d'orienter cette personne vers une association spécialisée qui l'aidera à apprendre à lire, selon une méthode adaptée à ses capacités.
J'aimerais savoir s'il existe des méthodes de lecture simples pour apprendre à lire aux adultes.
Non, il n'en existe pas à proprement parler dans la mesure où les adultes ont, le plus souvent, appris à lire autrefois puis « désappris ». Il est donc difficile d'éditer une méthode qui convienne à tous les adultes. Chaque cas est unique.
Les associations spécialisées constituent le plus souvent elles-mêmes leurs propres fichiers de travail.
Avez-vous l'intention de publier une méthode similaire à celle que vous éditez pour les enfants, adaptée aux adultes en situation d'alphabétisation ?
Une méthode d'alphabétisation des adultes doit être adaptée au « cas par cas » et il est vrai qu'elle serait utile. Cependant, nous n’envisageons pas pour l’instant la publication de ce type d'ouvrage.
Avez-vous l'intention de publier une méthode similaire à celle que vous éditez pour les enfants, adaptée aux adultes en situation d'alphabétisation ?
Une méthode d'alphabétisation des adultes doit être adaptée au « cas par cas » et il est vrai qu'elle serait utile. Cependant, nous n’envisageons pas pour l’instant la publication de ce type d'ouvrage.
